Un PSG sans Français mais pas sans âme

Aucun Français titulaire contre Lyon en championnat ? Qu’importe, cela n’empêche pas le PSG d’avoir un collectif et une identité.

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International le PSG ? Oui évidemment, mais il faut déjà relativiser. Cette équipe parisienne a encore une identité française avec des Tricolores sur le banc contre Lyon : Douchez, Digne, Matuidi, Rabiot et Menez. Sans oublier que ce PSG dispose de Bleus dans son staff, avec en première ligne Laurent Blanc, mais aussi Claude Makelele notamment. Ce n’était pas le cas d’Arsenal en 2005 lors d’une victoire contre Crystal Palace (1-5), quand Arsène Wenger ne fit participer aucun Anglais au match: Lehmann, Lauren, Toure, Cygan, Clichy, Pires (Fabregas 80), Vieira, Edu (Flamini 61), Reyes, Bergkamp (Van Persie 79), Henry. Même chose pour José Mourinho qui fit juste entrer Materazzi dans les arrêts de jeu de la finale victorieuse de l’Inter en Ligue des Champions contre le Bayern en 2010 . En France, lors d’un match d’août 2003 (2e journée de L1 contre Auxerre ) déjà, Marseille n’aligna aucun Français sur la pelouse, avec certes, plusieurs bi-nationaux (Beye, Meité, Hemdani, N’diaye).

Le choix fait par Laurent Blanc n’est donc pas une première dans l’histoire d’un foot mondialisé. Avant, on s’interrogeait sur le nombre de joueurs formés au club, aujourd’hui, la question se pose sur le nombre de joueurs issus du pays, le phénomène s’est accentué mais cela n’empêche pas les équipes de foot d’avoir une identité. Thierry Henri, Patrick Vieira et autres frenchies d’Arsenal n’ont-ils pas marqué l’histoire de ce club ? Eric Cantona n’est-il pas considéré comme la plus grande star de Manchester United ? Javier Zanetti n’est-il pas ancré dans le coeur des tifosis de l’Inter Milan ? En une saison, Didier Drogba n’a-t-il pas eu un poids colossal sur les Marseillais ? En fonction de leur charisme, de leur talent, de leur proximité avec les fans ou et du nombre de saisons passées dans le club, certains joueurs seront à jamais inscrits dans l’ADN d’un club. Qu’importe leur origine.

Le Paris-Saint-Germain se construit une équipe et une identité. Il a recruté de grands joueurs pour briller sportivement mais aussi pour marquer les esprits, Zlatan Ibrahimovic est en le symbole. Le talent sportif du Suédois égale à peine son ego et ses déclarations dans la presse. Humour ou arrogance, ce n’est pas le débat mais toujours est-il qu’il n’a pas fallu longtemps pour qu’il « zlatane » tout le football français et gagne déjà sa place dans le panthéon du football parisien, comme Raï, Weah, Safet Susic ou Ronaldinho. Ce talent et cette prétention illustre d’ailleurs une certaine image de la capitale française et l’on retrouve ces caractéristiques chez le prodige Marco Verratti par exemple. Moins provocant et plein de classe, Thiago Silva est lui aussi déjà adulé par son public. Evidemment, les Français (Luis Fernandez, Lama, Djorkaeff, Ginola…) sont aussi incontournables dans l’histoire du club mais le besogneux Blaise Matuidi sera de cette trempe pour les Parisiens. C’est pour l’instant le seul Bleu indiscutable au PSG mais cela n’est pas négligeable, d’autant que la générosité de Matuidi, comme celle de Cavani, tranche avec la nonchalance reprochée parfois à Ibra et souvent à Pastore. C’est ce mélange de talent, de caractère et de hargne (Lavezzi fait aussi partie des « guerriers ») qui forme l’identité du nouveau collectif parisien. Un collectif au sens propre qui défend et attaque ensemble, une équipe qui joue bien et ne lâche plus rien : c’est comme cela qu’elle a gagné le respect et l’admiration de ses supporters et des amateurs de football.

Pour expliquer que Paris ait débuté un match sans Français titulaire, il faut aussi prendre en compte le niveau et la mentalité exigée dans un grand club européen. Leonardo s’en était déjà plaint lorsqu’on lui reprochait de ne pas recruter Français ou même en France. Ce n’est pas aussi évident de se faire à l’exigence d’un grand club où, par la force des choses, de très grands joueurs se retrouvent sur le banc des remplaçants. Mamadou Sakho a choisi de partir, Clément Chantôme aussi. Christophe Jallet et Jéremy Ménez le feront peut-être également pour avoir plus de temps de jeu. Pour que les Bleus soient plus représentés dans le club de la capitale, il faut qu’ils aient le talent et l’état d’esprit nécessaires, l’espoir provient de Lucas Digne et d’Adrien Rabiot, dont le potentiel est accentué par leur mentalité irréprochable. Ces deux jeunes (il est encore tôt pour Ongenda ou Areola…) vont justement faire les belles années du PSG et symboliser son identité française. Il reste évidemment la possibilité du recrutement, mais combien d’internationaux français peuvent prétendre rejoindre le groupe parisien : Ribery (Griezmann ?), Varane, Pogba, Cabaye – et je parle bien d’effectif car, hormis Ribery, aucun n’aurait la garantie d’être aussi indiscutable que les titulaires actuels. Et quand bien même le PSG a les moyens, ce n’est pas aussi évident de recruter, il faut l’argent certes mais il faut aussi que le timing soit le bon avec un club qui désire (ou est obligé) de vendre, et un joueur qui souhaite venir, quitte à se mettre en danger en quittant un club où il est bien installé. Les propriétaires du PSG ne doivent donc pas être jugés sur seulement 2 mercatos d’été car peu de gros transferts sont réalisés en hiver.

L’important n’est donc pas de savoir de quelles nationalités sont les joueurs recrutés par le PSG mais plutôt quels profils ont ces nouvelles recrues ? Est-ce un amassement de joueurs ou des choix cohérents pour former une équipe performante ? Force est de constater que le Qatar a bien choisi la deuxième option et n’a pas fait comme d’autres nouveaux riches avant lui (notamment en Premier League) qui ont dépensé sans compter en empilant à tous les postes. D’ailleurs, l’AS Monaco suit la même voie en ayant recruté une star (Falcao), des leaders (Abidal, Toulalan, Moutinho) et des espoirs (du confirmé James Rodriguez au tout jeune Martial). Si Monaco n’a pas encore joué sans Français, il n’est pas impossible que cela arrive la saison prochaine, quand l’effectif sera plus étoffé et que les Monégasques devront jongler entre l’Europe et la L1. Bientôt, ce débat prendra à nouveau lorsque Paris et Monaco n’aligneront aucun Français lors de leur opposition. Comme ce fut le cas (en moins glamour) entre Portsmouth et Arsenal en décembre 2009, aucun Anglais ne disputa ce match (Richard Hughes est Ecossais Steve Finnan est Irlandé / Aaron Ramsey est Gallois) dans une rencontre avec un coach Israélien et un Français aux commandes :
portsmouth arsenal

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